66% des Français placent la transition énergétique en tête de leurs préoccupations quand il est question d’action municipale. Le local est donc une ressource essentielle dans le développement durable, car c’est au plus près des citoyens qu’on peut avoir le plus d’impact. La preuve avec ces cinq villes pionnières de la transition énergétique.

Grenoble

Grenoble, dans l’Isère, est LA capitale de la transition écologique en France. Elle est même la capitale verte européenne de l’année 2022. Et pour cause : son maire Eric Piolle mène une bataille titanesque pour transformer sa ville grâce à un travail sur l’aménagement du territoire, l’énergie et la mobilité. La ville entend diviser par deux ses émissions de particules fines et par 4 ses émissions de dioxyde de carbone d’ici 2030. Pour cela, elle s’appuie sur la construction d’un téléphérique métropolitain permettant aux habitants de se rendre au bureau par les airs. Baptisé le « métro câble », il survole deux cours d’eau, deux autoroutes et une voie ferrée à 14 km/h, et ce dès 2023. La ville souhaite également s’affranchir du nucléaire et ne recourir qu’à des énergies renouvelables, hydraulique comprise. C’est dans cette optique que le plus grand projet d’autoconsommation collective photovoltaïque de France, lancé à Saint-Martin‑d’Hères, commune de l’agglomération grenobloise, est né. Des panneaux solaires seront installés sur des toitures et des parkings. L’énergie ainsi produite sur huit sites de la zone d’activité économique sera partagée dans un rayon d’un kilomètre, en s’appuyant sur le réseau public. De quoi alimenter « une communauté d’énergie partagée » composée de producteurs et de consommateurs, tels des PME, des grandes surfaces ou encore des bailleurs sociaux.

Muttersholtz 

La ville de Muttersholtz, dans le Bas-Rhin, a mis en œuvre un programme pionnier pour réduire la facture de ses habitants. Les armoires électriques de la ville ont été dotées d’instruments de mesure fine de la consommation en temps réel, permettant des ajustements précis. L’école communale et la mairie ont été mises aux normes BBC (bâtiment basse consommation). Le gymnase, coiffé de 600 m2 de panneaux solaires, produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Deux microcentrales hydroélectriques ont été construites. Dans l’optique de créer à terme un « circuit court de l’énergie », où la production locale serait consommée sur place, la commune a noué un partenariat avec Enercoop, fournisseur d’électricité verte. Et le prochain gros chantier : la création d’un parc éolien géré de manière citoyenne, sur le modèle de certaines régies locales allemandes. 

Ungersheim

Encore une ville alsacienne en avance sur ton temps ! Elle aussi avait déjà parié sur la transition énergétique bien avant la crise que nous vivons. La ville a développé l’utilisation de l’énergie solaire thermique (installation de panneaux photovoltaïques) sur ses bâtiments, la création d’une centrale photovoltaïque (Hélio-Parc 68), la construction d’une chaufferie bois, la diffusion du diagnostic énergétique et la mise en plus de travaux en conséquence sur les bâtiments publics, le retrait total des produits phytosanitaires et engrais chimiques,  la création d’un Éco-Hameau « Le Champré » (programme d’autoconstruction d’habitat écologique), la réduction de 40% de la consommation d’énergie pour l’éclairage public, etc… Ce foisonnement d’idées s’est traduit par l’élaboration d’un programme de « vingt-et-une actions pour le XXIe siècle », qui décline le thème de l’autonomie dans trois domaines : intellectuel, énergétique et alimentaire. Si cette démarche vous passionne autant que nous, la grande documentariste française Marie-Monique Robin a même consacré un film sur ces initiatives : Qu’est-ce qu’on attend?

Langouët

Sans doute la ville la plus radicale de notre sélection ! La ville bretonne d’environ 600 habitants s’est donnée comme objectif il y a environ vingt ans de se passer des énergies fossiles. Et elle y parvient, petit à petit. Ici, la plupart des bâtiments sont munis de panneaux photovoltaïques. La production en énergie solaire de la ville compense largement l’électricité consommée par les services communaux. « Cela comprend l’éclairage public, la mairie, l’école, le pôle enfance, la bibliothèque, l’église, la salle polyvalente et l’atelier municipal », détaille le maire de Langouët, Daniel Cueff au magazine Reporterre. Pari réussi : en 2014, les panneaux de la ville produisaient déjà 116 % de l’électricité consommée. La commune vend son électricité à EDF, qui l’achète, et la boucle est bouclée. Les bâtiments de la ville sont également étudiés pour économiser chauffage et électricité. L’école en est un bon exemple : elle a été construite en 2003 selon la norme HQE (haute qualité environnementale), en matériau naturel, le bois, pour mieux retenir la chaleur. Dans le même temps, la production d’énergie renouvelable doit augmenter grâce à la construction d’habitats « écobénéficiants ». Récemment, un tracker solaire a fleuri dans la commune. Un mat de 7 m de haut, 75 m² de panneaux solaires et des rotations à 360 degrés pour suivre la course du soleil. L’énergie produite par ce tracker alimente directement la mairie, neuf habitations particulières ainsi qu’une exploitation agricole : une première en France. Centrale solaire, hameau de maisons dites triple zéro (pour zéro énergie, zéro carbone et zéro déchets), service de mobilité partagée électrique… Langouët, un exemple entre innovation et retour au vert.

Tous ces exemples de villes vertes prouvent qu’en ayant en ligne de mire la transition énergétique, la petite échelle peut faire des miracles. Et cela commence par nous, consommateurs éclairés, qui faisons le choix de transformer notre quotidien pour tendre vers l’autoconsommation, l’indépendance énergétique et un mode de vie durable. Chez Sibel Energie, nous avons à cœur de vous accompagner dans votre transition, à vous.