Le gouvernement vient d’officialiser de possibles coupures de courant cet hiver. La crise énergétique n’en finit donc pas, après les pénuries d’essence, maintenant les coupures d’électricité. Mais qu’en est-il à ce jour du gaz et du pétrole ?

« Le monde connaît la première crise énergétique véritablement globale de son histoire », avertissait durant l’été Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, AIE.  En effet, depuis le début de l’année, la guerre entre l’Ukraine et la Russie fait rage. Un désastre humain à l’est, une crise énergétique à l’ouest. De notre côté, les conséquences se font sentir crescendo. Aujourd’hui, alors que les prix du gaz et de l’essence sont montés en flèche, que la pénurie de pétrole s’est faite sentir, que les conséquences de l’inflation sont encore évidentes… une nouvelle menace se fait sentir. La Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole, n’en vendra plus si le prix du brut est plafonné par les pays occidentaux. Ce, même si cela implique qu’elle doit réduire sa production, a déclaré ce dimanche 4 décembre le responsable énergie du président Vladimir Poutine. Pourquoi une telle déclaration ? Parce que la veille, les pays membres du G7 et l’Australie se sont entendus pour plafonner le prix du pétrole brut russe transporté par voie maritime à 60 dollars le baril. Un plafond censé priver Moscou de moyens pour financer sa guerre en Ukraine. Selon les spécialistes, le prix fixé devrait être suffisamment élevé pour que la Russie ait intérêt à continuer à vendre du pétrole à l’Occident, mais inférieur au cours pour limiter les revenus qu’elle pourrait en tirer.

Quand la Russie n’obtempère plus

En 2020, plus de 40 % du gaz importé dans l’Union européenne provenait de la Russie, selon les chiffres d’Eurostat. Les pays européens ont compensé la baisse progressive des livraisons de gaz russe en important plus de gaz naturel liquéfié (GNL). Mais ce plafonnement à 60$ a fait réagir Alexander Novak, responsable en charge du pétrole, du gaz, de l’énergie atomique et du charbon en Russie : « Nous travaillons sur des mécanismes pour empêcher l’utilisation d’un instrument de plafonnement des prix, quel que soit le niveau fixé, car une telle ingérence pourrait déstabiliser davantage le marché (…) Nous vendrons du pétrole et des produits pétroliers uniquement aux pays qui travailleront avec nous dans les conditions du marché, même si nous devons réduire un peu la production ». Depuis le début de son offensive en Ukraine, Vladimir Poutine affirme que les États-Unis et leurs alliés mènent une guerre économique contre la Russie. Le pays pourrait néanmoins disposer de suffisamment de pétroliers pour expédier la majeure partie de son pétrole sans qu’il ne soit soumis aux restrictions occidentales, ont déclaré en octobre à Reuters des acteurs de l’industrie et un responsable américain, soulignant les limites du plan des pays occidentaux.

Encore une menace de pénurie de gaz ?

Les États membres de l’Union européenne, qui importaient avant la guerre en Ukraine 40 % de leur consommation annuelle de gaz de la Russie, ont déjà fortement réduit leurs besoins. En octobre et novembre, la demande de gaz dans l’Union Européenne était inférieure d’un quart à la moyenne des cinq dernières années. En Allemagne et en France, les besoins ont été réduits d’un peu plus de 20 %, comme l’affirme le cabinet britannique Icis (Independent Commodity Intelligence Services). Le resserrement de l’offre a donc fait grimper les prix, mais aussi permis de ne pas recourir au gaz plus que nécessaire, permettant de bonnes provisions sur nos stocks. Par ailleurs, EDF a fait son plein de gaz, et a complété ses besoins en gaz liquéfié. La France s’en sort donc bien dans un court terme. Même si la menace de pénurie se fait toujours sentir, au vu de l’instabilité de la situation et tant que la guerre en Ukraine fait rage, il s’agit donc pour les États de rester vigilants.

Une solution long-terme

Cette crise énergétique inédite renvoie toujours à la même réflexion : comment faire pour ne pas être tributaire des aléas géopolitiques ? Chez Sibel Energie, nous prônons l’utilisation des énergies renouvelables. Un investissement plus ou moins conséquent peut permettre de devenir indépendant énergétiquement, et donc de s’affranchir des crises énergétiques successives. Par exemple, en investissant dans des panneaux photovoltaïques, en effectuant des travaux d’isolation de son logement pour contrer le manque de chauffage, en repensant au maximum son habitat pour une autoconsommation et une transition énergétique à notre échelle. L’indépendance énergétique au travers d’outils toujours plus performants et adaptés à vos besoins, c’est avancer ensemble vers une transition énergétique et un avenir plus serein.