La COP15 pour la biodiversité se tenait à Montréal jusqu’au 19 novembre dernier. La bonne nouvelle de cette rencontre entre 195 pays : la signature d’un accord afin de protéger la biodiversité. Un énième accord, pour quels changements ?

La quinzième conférence mondiale pour la biodiversité, qui a lieu tous les deux ans depuis 1992, a permis la signature d’un accord novateur pour protéger la nature : le cadre de Kunming-Montréal. Deux semaines de négociations auront été nécessaires pour parvenir à sa signature. Son but : protéger au minimum 30% de la planète et restaurer 30% des zones dégradées d’ici 2030, déployer 30 milliards de dollars par an pour les pays en voie de développement afin qu’ils luttent contre le réchauffement climatique et les inégalités, réduction d’au moins 500 milliards par an de subventions nocives pour l’environnement (l’agriculture intensive est particulièrement visée), et 200 milliards de dollars par an devront être dédiés au vivant. L’accord demande également aux nations de s’assurer que les grandes entreprises et les institutions financières en particulier « divulguent régulièrement leurs risques, dépendances et impacts sur la biodiversité ».

Cet accord est historique et ambitieux, car les enjeux auxquels il fait face sont terrifiants : 75% des écosystèmes terrestres a atteint un niveau de déclin sans précédent de sa biodiversité. Plus d’1 million d’espèces sont menacées de disparition et 69% d’animaux sauvages ont disparus depuis les années 70.

Un “pacte de paix avec la nature” suffisant ?

D’autres grandes lignes ont été également dédiées à la protection des peuples autochtones et d’autres points plus spécifiques ; cependant, de grands sujets ont également été écartés, comme le problème de la viande lié à l’élevage intensif. Mais si cet accord ne soulève pas point par point tous les problèmes liés à la transition écologique, est-il néanmoins une bonne nouvelle pour le vivant ? Cela n’est pas si sûr. En effet, le papier est signé, mais l’accord en lui-même n’est pas contraignant. C’est à dire que les pays signataires n’ont pas vraiment d’obligation de suivre ces recommandations ; aucune sanction ne sera opérée contre eux en cas de non suivi de leur bonne parole. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe avec peu ou prou tous les accords liés à l’écologie depuis des décennies. Aucun des objectifs pris lors des précédentes conférences n’a été tenu, alors que la moitié des richesses produites dans le monde dépend de la nature. Rappelons par exemple la COP10 à Nagoya, au Japon, qui avait déployé vingt objectifs à mettre en place en dix ans, et qui non seulement n’ont pas été atteint (aucun des vingt), mais même pour certains ont été empiré…

Pour que la parole soit tenue, peut-être que la pression des citoyens sera un élément clef à la mise en place effective de cet accord. Dans un premier temps par la publicité de son existence, car oui, l’accord a le mérite d’exister et de soulever des points importants des problèmes auxquels nous faisons face, mais ensuite par les choix de consommation et de comportements de tout un chacun. Chez Sibel Energie, nous prônons les choix conscients : viser l’autoconsommation, l’indépendance énergétique, ou encore l’énergie verte pour avancer ensemble vers la transition énergétique. Des petits pas pour l’Homme, un grand pour la planète.